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Dimitris Daskalopoulos :«Une sortie de l'euro signifierait 20 ans de crise pour la Grèce», Le Figaro, 15/2/2012

21 February 2012

Le Président de la SEV, la Confédération des industries grecques, a reçu "Les Echos" à Athènes. Il se prononce contre le dernier plan d'austérité, dommageable selon lui pour la croissance et pour les entreprises.





La Grèce va-t-elle sortir de l'euro?
C'est purement et simplement inimaginable de notre point de vue. Une sortie de l'euro signifierait 20 ans de crise, l'explosion sociale et le blocage pur et simple de l'économie par manque d'approvisionnements extérieurs et de crédits. La Grèce est un pays importateur. Nous sommes dépendants des importations pour les produits alimentaires, les équipements, l'énergie, les matières premières. Nos importations représentent 73% du PIB. Une sortie de la Grèce de la zone euro aurait des lourdes conséquences aussi pour l'Europe. Certes, d'un strict point de vue financier, la monnaie unique survivrait même si aujourd'hui on n'a pas un euro mais quinze tant les différences sont fortes entre les pays qui l'ont adopté. Mais l'image de l'Europe en serait fortement ternie pour longtemps. Aujourd'hui, après tout ce qui a été fait et alors que l'accord avec les banques pour une décote de la dette grecque a été pratiquement conclu évoquer la sortie de l'euro d'un pays qui y adhère est politiquement insensé.

Etes-vous favorable au Mémorandum qui a été voté au Parlement?
Non. Et ce Mémorandum n'est pas seulement dommageable pour la croissance du pays. La Grèce ne pourra jamais être compétitive face à l'Inde ou à la Chine. De plus, son application à la lettre ne permettra pas d'atteindre les objectifs. Davantage d'austérité n'est plus supportable pour le peuple grec et pour les entreprises. La discipline budgétaire est certes nécessaire -parfois il faut punir les comportements erronés -mais la torture n'est jamais justifiable. J'espère que l'Europe décidera de revenir sur les conditions associées au nouveau programme d'aide à la Grèce avant que mon pays demande de les renégocier. Il faut 10 ans au moins pour réformer en profondeur le pays.

Vous avez signé une lettre commune avec les syndicats contre plusieurs points du Memorandum dont ceux qui concernent les salaires et les conventions collectives...
Oui. Je demande juste que le rythme d'application des mesures soit humain et pas forcené. Dans le secteur privé, les salariés acceptent de baisser leurs revenus pour préserver l'emploi et les entreprises mais ils ne veulent pas que cela leur soit imposé par l'étranger. Le coût du travail a déjà baissé de 12 à 16% dans le secteur industriel. Pour accroître la compétitivité, il nous suffit de le réduire encore dans le temps jusqu'à 20% au total. La plus grande partie du chemin est donc faite.

Les élections sont-elles une solution?
Non. Pas dans les circonstances actuelles. Le risque de fragmentation de l'échiquier politique est élevé ainsi que l'éventualité de la victoire de forces politiques capables seulement de critiquer ce qui est fait. Il aurait fallu que le gouvernement de Lucas Papademos ait le temps pour commencer l'application des mesures qui ont été votées. La situation des finances publiques est désastreuse: il ne doit y avoir que 3 à 4 milliards d'euros actuellement dans les caisses de l'Etat. On a fait pression trop tard sur les responsables politiques. Le FMI et les Européens de la Troïka sont co-responsables de ce retard. Le gouvernement précédent prenait son temps et ne faisait pas les réformes. Heureusement, ils ont changé de cap. Même si elle manque d'effectifs suffisants, la Task Force européenne nous aide beaucoup à avancer en travaillant de concert avec les fonctionnaires compétents. Nous attendons des responsables politiques qu'ils fassent à leur tour preuve d'une véritable volonté de réformer et qu'ils délèguent davantage, y compris à des experts issus du secteur privé, la recherche de solutions concrètes et l'application des mesures qui s'imposent.

Quand la croissance reviendra-t-elle ?
Si les Européens tiennent leurs promesses, la Grèce va surprendre. Il n'est pas exclu qu'on renoue avec une toute petite croissance dès cette année. Les grandes entreprises qui nous sont affiliées représentent le quart de l'économie réelle. Elles résistent relativement bien à la crise. Aucune d'entre elles n'a fait faillite même si les problèmes d'approvisionnement en énergie commencent à se faire sentir. Les secteurs de l'agroalimentaire, des produits de base et des matières premières s'en sortent le mieux, tandis que ceux du BTP, de l'énergie et de la pharmacie souffrent davantage.

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